Je me suis rendue compte du fait que souvent, dans la vie, dès qu'un malheur arrive,
toutes les choses qui pourtant n'avaient pas le moindre lien avec cet événement, se mettent à se barrer en couilles. Parce qu'en fait bien sur il y avait un lien, le lien c'était notre vie. C'est
un peu comme si en arrivant, ce malheur avait cassé un maillon de la chaine, et que tout s'était mit à dérailler.
Perdre une chose puis tout perdre.
On perd la dignité, l'amour, les souvenirs, la confiance, les études, le
bonheur, l'esprit... On attend dans un coin que ça cicatrise, on regarde le champs de bataille autour de nous et on compte ce qu'il reste. Des amis, la famille, un fond de passion que l'on tente
de conserver et de s'empêcher de s'éteindre, la bière. Il va falloir composer avec ces éléments là, les seuls qui semblent avoir résisté.
Il faut m'excuser pour le style, cela fait un moment que je n'ai pas écris sur ma vie,
j'étais trop occupée à rassembler les morceaux qu'il en restait, et à essayer de voir quelle technique adopter pour la recomposer.
Mes amis, mes amours, vous allez voir, je vais vous le tricoter ce bonheur en bouts de
ficelles! Et ce même si Virginie D. a raison, dans la plupart des cas, les gens, même s'ils prétendent le contraire, ça les dérange l'idée qu'après une telle chose, une fille puisse ne serait-ce
qu'envisager l'idée du bonheur. Les gens, ils ne se l'avouent pas mais ils veulent du désespoir visible, lisible, risible. Celui que l'on raconte sans même que ce soit réellement nécessaire tant
il est à la portée de tout le monde de le percevoir. Dans la tête des gens, la fille ne se relève pas, elle ne peut même plus envisager l'idée de la joie, même plus se souvenir ce que cela
pouvait faire. La fille devient incapable d'amour. _Oh oui surtout! _ Le pire c'est que souvent ils n'en ont pas conscience, ils pensent sincèrement avoir envie de la voir se
relever et danser dans un grand éclat de rire. Le fait est que si la fille se réveille et reprend sa vie en mains, c'est l'incompréhension, et ça fait connaitre sa petite opinion.
« Bonjour, je ne suis pas toi, je n'ai pas eu ta vie, je n'ai pas ton caractère, je n'ai pas vécue les mêmes événements que toi, mais je me lève pour dire que je trouve que ta réaction
n'est pas la bonne, je pense même que ça cache quelque chose, mais attention hein je ne dis pas ça par méchanceté, non non non, j'ai des preuves, ça ne coïncide pas du tout avec ce que je vois
dans les séries télé, ni même à la façon dont moi, je pense que j'aurais réagis » Vous en connaissez beaucoup vous des gens capables de prédire la façon dont ils vont réagir à un
événement qu'ils n'ont jamais vécu?
Le fait est que parfois les trou du cul dans ce genre la, c'est extrêmement agaçant. On a
envie de se dire qu'il ne faut pas que cela nous touche, qu'ils ne doivent pas nous atteindre, qu'ils ne valent rien, et qu'on les méprise eux et leurs analyses psychologique de comptoir, et en
un sens c'est vrai, mais ce qu'il y a de fou c'est que pendant que l'on se dit tout ça, que l'on fait cette liste de toutes les raisons pour lesquelles il ne faut pas accorder la moindre
importance à ces petits insectes minables, la haine sort, ON RESSENT QUELQUE CHOSE. Jusque là on s'était juste dit « Aller ma fille on va réapprendre à marcher , c'est possible on
peut le faire », mais là on ressent quelque chose, on marche!
Et il y a un autre truc encore plus fou, c'est que c'est face à cette stupidité que l'on
se rend compte qu'on est effectivement nettement au dessus de ces gens là, ça valorise drôlement, c'est un peu comme quand on regarde secret story, on prend tout à coup conscience de notre
intelligence face à certains candidats, du coup quand on coupe la télé on se dit « tutulu moi je fais peut-être des fautes d'orthographe mais au moins je dis pas « elle m'a fait
promir » donc ça va, j'ai de la marge » c'est malin comme façon de donner au téléspectateur ce sentiments de supériorité. Ces gens là, en se montrant si méprisables, font renaître
la confiance que l'on avait en nos capacités.
Et c'est à ce moment précis que ce que l'on pourrait appeler la Mécanique du malheur,
prend fin, puisque d'une pierre deux coups, les langues bien pendues ont fait naître deux sentiments positifs qui ont lancés la mécanique inverse, basée sur le fait d'être 1) capable de ressentir
des choses, même négatives 2) la confiance en soi, et donc pour s'exprimer plus clairement, sur l'envie de leur montrer à ces enfoirés, qui c'est le patron.
Alors petit à petit la confiance, Paris, l'esprit, l'amour, les passions, de nouvelles
amitiés formidables, je me tricote mon petit bonheur avec les bouts de ficelles que me tendent les personnes qui me sont chères, et je rajoute même quelques paillettes par ci par là sur les
accrocs dont on ne se détache pas mais que l'on apprend à magnifier, et avec lesquels on apprend à vivre.
Tout ça pour en venir au fait qu'un dernier maillon de la chaîne est arrivé il y a
quelques semaines, puisque je rentre en septembre en classe de textile à l'école Duperré, et qu'ainsi cette année de reconstruction m'a menée là ou j'aurais du me trouver l'année dernière si tout
cela n'était pas arrivé, et que même si le travail n'est pas terminé, c'est déjà une sacrée revanche de prise, puisque j'ai retrouvé mon chemin dans tout ce bordel.